­

Qu'est-ce que la Communauté des chrétiens ?

Auprès de nos autels, nous voulons créer une atmosphère d’attention et de vénération qui permette aux hommes d’apprendre à déposer toutes leurs tensions et leurs soucis pour se donner entièrement à la présence de Dieu, à la venue du Christ lui-même. Sa présence nous adombre et il n’a pas de plus grand désir que de voir les hommes s’ouvrir à lui. Lorsque les hommes s’ouvrent, il peut être parmi eux et en eux. À une époque où les portes de l’abîme, mais aussi les portes du ciel sont largement ouvertes, la Communauté des chrétiens veut contribuer au progrès de l’humanité en cultivant une vigilance qui s’emplisse de sagesse par l’attention et la prière.

Emil Bock, 1955 (l’un des fondateurs de la Communauté des chrétiens)

La Communauté des chrétiens s'inscrit dans la tradition du christianisme, tout en étant indépendante des Églises confessionnelles existantes.
Fréquenter la Communauté des chrétiens - ou même en devenir membre - ne suppose aucunement l'adoption de croyances, de dogmes ou de préceptes moraux. Car la liberté de conscience et de pensée est actuellement une condition essentielle à l’épanouissement d’une vie chrétienne sincère. D'ailleurs, ce n’est pas l’appartenance à une institution qui caractérise le chrétien, mais son lien vivant, personnel avec le Christ et la pratique d’une vie éclairée par ce lien.

Ce mouvement rassemble des personnes qui cherchent le Christ. La Communauté des chrétiens n’est pas le but ; elle est le moyen, elle veut rendre possible à toute personne qui le souhaite d’approfondir son lien au Christ, en toute liberté de conscience. Elle propose pour cela principalement la pratique d’un culte ou sacrement.

Le terme de « communauté » est à comprendre dans le sens de « communauté d’esprit ». La participation aux cultes et autres activités est ouverte à tout public sans condition préalable (voir la section « Membres »). Autour de cette vie cultuelle, différentes activités sont possibles, suivant les initiatives des membres : échanges autour des évangiles et de thèmes d’actualité, conférences, aide aux personnes malades ou dépendantes, mais aussi célébration des neuf fêtes qui rythment l’année (l'Avent, Noël, l'Epiphanie, le temps de la Passion, Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, la Saint-Jean et la Saint-Michel).

Un mouvement religieux indépendant

La Communauté des chrétiens a été fondée en 1922 sous l'impulsion de plusieurs théologiens (à l'époque majoritairement protestants) en tant que mouvement pour un renouveau religieux autonome et indépendant ; indépendante aussi de la société anthroposophique. Rudolf Steiner a participé à la fondation du culte, mais en tant que ‘personne privée’ (donc en dehors du mouvement anthroposophique), comme il l’a souligné lui-même :

C'est un mouvement qui a été fondé indépendamment de moi-même, indépendamment de la société anthroposophique, uniquement sur la base de mes conseils […].  Ce mouvement, né de lui-même, a reçu des conseils de ma part parce que, quand quelqu'un sollicite des conseils légitimes – quel que soit le domaine –, c’est un devoir humain, lorsqu’on en a les capacités, que de les prodiguer des conseils, et de les prodiguer pleinement.
(Rapport de l’homme au monde des étoiles. Communion spirituelle de l’humanité. GA 219. 11e conférence, Dornach 30 décembre 1922. Editions anthroposophiques romandes)

La dénomination complète de ce mouvement est : « La Communauté des chrétiens – mouvement pour un renouveau religieux ». Depuis sa fondation en 1922, d’autres mouvements utilisent également le terme de « renouveau », tel le « Renouveau charismatique ». La Communauté des chrétiens est indépendante de ces mouvements – qui sont le plus souvent reliés à l’Église catholique – et elle entend le « renouveau » d’une autre manière, comme on pourra le comprendre à la lecture de tout ce qui est présenté ici. En particulier, la forme du culte – l'Acte de consécration de l’homme – est très simple, intériorisée, et en appelle, non à l’expression extérieure des participants, mais avant tout à une grande activité intérieure, méditative.

Liberté de pensée

Si, d’une part, la Communauté des chrétiens se situe dans la tradition chrétienne, elle est d’autre part en rupture par rapport aux églises traditionnelles sur un certain nombre de points.

Bien que proposant un credo, elle n’impose aucun dogme de foi à ses membres. Ceci est difficile à concevoir pour des chrétiens connaissant la vie des églises traditionnelles. Car il semble évident qu’il « faille croire » à certaines vérités pour se dire chrétien ou membre de telle ou telle église. Pas dans la Communauté des chrétiens ; chacun progresse à son rythme, complètement librement dans sa pensée, sa connaissance par rapport aux réalités du monde et du christianisme, à partir de sa propre expérience. Même si l’on participe aux sacrements, aucune « profession de foi » n’est exigée.

Ni dogmes, ni hiérarchie

Dans un même sens, participer aux activités de la Communauté des chrétiens n’induit aucunement de se soumettre à une quelconque directive pour la conduite de la vie personnelle ou morale. De même, chacun est libre de ses opinions sur des questions sociétales.

La Communauté des chrétiens ne peut donc se rallier à une hiérarchie qui s’investisse d’une autorité spirituelle. Elle est bien portée par des prêtres, mais ceux-ci n’ont pas, par principe, d’autorité spirituelle sur les membres ; ils sont avant tout les « célébrants », ceux qui, au nom de la communauté, célèbrent les sacrements et portent la vie de la communauté dans laquelle ils sont envoyés. Ils ne sont pas non plus compris comme une sorte d’« intermédiaires » entre Dieu – le Christ – et les hommes : chaque individu créant son lien direct, personnel, avec le Christ, avec le Divin.

Une autre particularité de ce mouvement est que, dès sa fondation en septembre 1922, femmes et hommes, mariés ou non, ont pu être ordonnés prêtres.

Parmi les spécificités de la Communauté des chrétiens, il y a le fait que son enseignement se base sur la tradition chrétienne élargie par l’anthroposophie ; elle intègre notamment la possibilité de la réincarnation à une compréhension chrétienne de la vie humaine et du monde.

Convictions et croyances

La Communauté des chrétiens n’a pas de « croyances » : ce sont les individus, au sein de la Communauté, qui ont des croyance - à comprendre comme des convictions tirées de leurs expériences propres. En d’autres termes, il n’y a pas de dogmes ou doctrines à la Communauté des chrétiens : la connaissance, la compréhension, les croyances relèvent de la responsabilité de chaque individu. La Bible, et en particulier le Nouveau Testament, joue un rôle central dans les sacrements et dans la vie de la Communauté des chrétiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

­